Et toi, t’en penses quoi ?

Théorie

Aujourd’hui, Internet fait partie intégrante de la vie des jeunes. Ce média est largement utilisé par les adolescents pour se divertir, rechercher de l’information, échanger des courriels et surtout pour fréquenter des réseaux sociaux. En effet, l’existence des réseaux sociaux représente un avantage de taille pour le jeune dans son processus de socialisation, et ce en continuité avec les lieux physiques dans lesquels il évolue. Aujourd’hui, avoir une adresse virtuelle et un pseudo font partie de l’identité. Les jeunes utilisent ces technologies pour créer et maintenir des relations. Ils sont constamment en communication les uns avec les autres. Ainsi, dès la sortie des classes, les jeunes poursuivent leurs conversations via leur Smartphone, et se donnent rendez-vous sur leur réseau social préféré dès leur arrivée à la maison. Les réseaux les plus connus et les plus utilisés à l’heure actuelle sont Snapchat, Instagram et Facebook. Le plus ancien des 3, Facebook, a été créé en 2004. Il permet de publier des photographies, vidéos, liens ou textes ou de partager ceux publiés par les autres, avec une possibilité de contrôle de leur visibilité via des filtres. Si Facebook reste le plus utilsié au monde, il est détrôné depuis 2014 auprès des ados par Snapchat et Instagram (ce dernier appartient également à Facebook), deux applications se basant sur la publication et l'échange de fichiers photos et vidéos auxquels s'adjoignent des commentaires. Il ne sert à rien de donner trop de détails sur les différents réseaux sociaux d’aujourd’hui, car à l’heure actuelle de nouvelles interfaces sont déjà en développement. En effet, sur internet tout devient vite obsolète.

Alors que beaucoup reconnaissent aujourd’hui qu’Internet est une source abondante de connaissances et de découvertes, mais également de relations sociales, il semble indispensable d’amener les jeunes à prendre conscience des avantages et risques de l’utilisation d’Internet – et, par-delà, des réseaux sociaux. Nous veillerons également à aborder les limites en termes de respect de soi et de l’autre, de même que les notions de vie privée et de vie publique. 

Sur ce site, trois autres thématiques abondent dans ce sens : « décoder les médias », « vie relationnelle et affective » et « drogues et addictions ».

Points d’attention pour réalisation d’une animation :

  •  Veiller dans cette thématique à rester centré sur les objectifs énoncés, afin de ne pas entrer dans le débat autour de questions technologiques, les jeunes étant souvent plus au courant que les adultes des dernières technologies. L’objectif est d’aborder le respect de soi et de l’autre dans l’échange. 
  •  Ce sujet peut amener l’évocation de situations douloureuses voire traumatisantes. Nous conseillons à l’intervenant de rediriger le jeune vers des professionnels de services PSE, PMS ou de centres de planning.

Les réseaux sociaux

Qu’est-ce qu’un réseau social ? Un réseau social désigne un ensemble d’individus entretenant une relation entre eux. Nous n’avons pas attendu internet pour nous constituer en réseaux : ils existent depuis toujours, puisque l’homme est un animal social (Aristote). Wikipédia nous apprend d’ailleurs que « Le réseau social existe depuis que les hommes sont constitués en société.  Le réseau social peut prendre une forme plus organisée et institutionnelle, professionnelle ou "de loisir", payante ou gratuite ».

Aujourd’hui, on utilise davantage ce terme pour désigner les réseaux sociaux online, qui se sont multipliés au cours de la dernière décennie. Accessible à un plus large public, ils offrent de nouvelles possibilités de mise en réseau (à distance et asynchrone) et de partage (photos, musiques, vidéos etc.).

Appartenir à un réseau social implique toujours l’usage d’un certain mode de communication, et de certains codes de conduite pour ses membres.

Les ados : tous connectés

Sur les réseaux sociaux, loin du regard des parents, des adultes ou autres figures d’autorité, les jeunes peuvent exprimer leur individualité et leur identité mais aussi faire partie d’une sphère sociale. « Etre connecté tout le temps » est devenu le nouveau mode de relation des adolescents, ils communiquent en permanence. Fait marquant, aujourd’hui, beaucoup de jeunes n’ont plus d’adresse e-mail. A quoi ça sert ? Ils préferent communiquer  sur les réseaux sociaux. Quel outil et quelle force !

Les réseaux sociaux sont accessibles de partout, et les jeunes disposent de connexion où qu’ils soient, via leur Smartphone, tablette ou ordinateur portable. En 2012, 93% des familles avec enfant sont connectées à internet, dont respectivement 33% de familles utilisant le Smartphone et 14% la tablette. Selon le CRIOC, en 2011, 91 % des jeunes de 10 à 17 ans disposent d’un GSM, et donc potentiellement d’une connexion internet mobile.

Ainsi, les conversations entamées dans la cour de l’école continuent dans le bus puis à la maison. Pour les adolescents d’aujourd’hui, il n’y a plus cette différence entre le monde virtuel et le monde réel : les amis de la cour de récré sont souvent ceux que l’on retrouve chez soi sur le réseau social. Réseaux sociaux « réels » et « virtuels » ne font plus qu’un. Pour autant, le comportement de deux jeunes parlant en face à face ne sera pas le même que celui derrière un écran : ce dernier désinhibe, rend plus franc, donne l’impression d’une invulnérabilité. Ce n’est pourtant pas le cas…

Construction de l’identité

L’adolescent traverse une période de questionnement et à la fois de bouleversements physiques et psychologiques. Il cherche qui il est, et pour ce faire, il va se servir de son environnement, de ses pairs, et des adultes autour de lui. Mais « autour de lui » ne vise pas uniquement des ressources « physiques » en chair et en os. Le jeune se sert du monde virtuel et notamment des réseaux sociaux pour construire son identité. Et grâce aux possibilités d’Internet, il peut plus facilement prendre position ou s’affirmer sur des sujets qu’il n’aborderait peut-être pas dans la « vraie » vie (ou encore IRL – In Real Life - comme le disent les internautes). Les réseaux sociaux et autres plateformes d’échange (les forums par exemple) sont des opportunités de montrer une facette de lui qu’il ne montre pas par ailleurs. Pourquoi ? Entre autres parce que, d’une part, internet peut garantir un certain anonymat, et que, d’autre part, ce qui relève du monde virtuel semble sans conséquences. Enfin, parce que tout y est à portée de clic. Via le réseau social, le jeune peut choisir ses amis, son cercle, affirmer ses opinions ou ses centres d’intérêt. Il est plus facile de créer des liens ou de s’insérer dans une conversation en ligne que dans la cour de récré où les plus timides peuvent rester isolés. Les conversations qui se déroulent sur le net lui permettent facilement de s’exprimer, et de recevoir un retour, ce qui est positif pour l’estime de soi. Le jeune peut aussi se créer un profil qui lui est plus favorable (éloigné ou non de sa personnalité « vraie ») afin de plaire ou de se donner un certain style, de la même façon qu’il peut s’inscrire à certains sports pour appartenir à certains groupes, ou porter certains vêtements pour être à la mode.

L’adolescent se cherche donc et construit son identité et sa confiance en lui dans le monde réel ET le monde virtuel. Cette période plus fragile de sa vie est particulièrement critique dans le sens où il est facile de bousculer son équilibre, et d’autant plus avec internet où les choses se propagent à une vitesse fulgurante. Une information, vraie ou fausse, une révélation, une insulte, une vidéo moqueuse publiée sur internet aura une portée beaucoup plus importante et donc un effet plus dévastateur sur le jeune en pleine construction que si elle avait été diffusée dans le monde « réel ». Nous connaissons tous des anecdotes et dérapages vécus par des jeunes : insulte glissée dans un courriel, diffusion de photos intimes, campagne de dénigrement intimidation allant même jusqu’aux menaces sérieuses. Une chose dont on était fier peut ainsi devenir la risée d’un très grand nombre. L’inverse est aussi vrai : on peut, par exemple, acquérir une réputation positive ou une reconnaissance importante grâce à une simple vidéo.

Respect de soi et respect de l’autre

Le dictionnaire Larousse définit le respect comme « le sentiment de considération envers quelqu’un, et qui porte à le traiter avec égard. Il s’agit également de la manifestation de cet égard. » Il peut ainsi être question du respect d’une personne, mais également d'une promesse, du respect d'un contrat ou du respect des règles d'un jeu ou d’une communauté.

La notion de respect prend une dimension très importante lorsque nous évoquons les réseaux sociaux. Derrière un écran, le jeune ne mesure pas toujours les conséquences et les limites de sa liberté d’expression. Tout ne peut pas être dit sur internet.  De plus, les mots écrits sur un forum ou dans un message prennent parfois une autre tournure, un autre sens que lorsqu’ils sont dits en face à face.

Le respect, chacun y a droit, mais chacun le définit selon ses propres critères : ce qui est irrespectueux pour l’un ne le sera peut-être pas pour l’autre. Ainsi, avant de poser un acte, il faut s’interroger sur ce que l’autre pourrait en penser, et savoir accepter qu’il puisse réagir autrement (à un commentaire, à une vidéo). Se questionner sur ce que l’on est soi-même prêt à accepter est un début, mais n’est pas suffisant : il faut envisager la situation de l’autre.

La responsabilité sur internet

A côté de la notion de respect apparait une autre notion clé dans cette thématique : la responsabilité. S’exprimer par l’intermédiaire d’un écran et d’un clavier peut donner un sentiment de détachement, de distance, et même d’irresponsabilité. On se sent à l’abri derrière un écran, à la différence d’une discussion en face à face au cours de laquelle l’interlocuteur reçoit directement les réactions de son partenaire, verbales et non-verbales.

De plus, internet relaie l’information très rapidement, se saisit de petits éléments pour en faire des « buzz », colporte des ragots et des rumeurs. Les utilisateurs du net et des réseaux sociaux en particulier n’ont pas toujours conscience des conséquences de leurs publications, qu’il s’agisse de commentaires, de vidéos ou de photos. Ce que l’on pensait confiné, intime, partagé avec un petit cercle d’amis, peut se retrouver étalé devant tous en même temps que son propriétaire en est dépossédé. Un simple commentaire peut donner lieu à des dizaines de réactions, positives comme négatives. Et une fois que l’information est postée, c’est souvent de façon irrémédiable. 

Pourtant, droit à l’image, protection de la vie privée, protection des données à caractères personnelles … font partie de la réglementation à l’usage d’Internet. Dans cette optique, il est judicieux d’aborder la responsabilité de chacun sur le net, sans pour autant diaboliser son usage.

Si vous désirez plus d’informations sur la législation belge en matière de vie privée et les nouvelles technologies, nous vous invitons à visiter les sites suivants :

Les effets multiplicateurs d’Internet

De nombreux exemples témoignent des effets multiplicateurs des réseaux sociaux. Tantôt positifs (rassembler pour une bonne cause, recueillir des témoignages, des signatures, organiser un flash mob…), tantôt négatifs (diffusion d’une rumeur, de photos compromettantes…), la portée d’une information postée sur un réseau social peut très vite prendre une dimension dont le jeune ne mesure pas l’ampleur, avec les conséquences dont on a déjà parlé.

C’est ainsi qu’une photo compromettante pourra être vue et partagée des centaines de fois avant même que les personnes concernées ne s’en rendent compte. Pur acte de malveillance ou geste dont les conséquences n’ont pas été mesurées, internet ne s’en soucie guère, il relaie simplement l’info et les commentaires qui l’accompagnent.

Enfin, il n’est pas rare de voir fleurir des rumeurs issues du web au sein d’une école et inversement. Par exemple, « il parait que Géraldine est enceinte ». Fondées ou infondées, les rumeurs peuvent faire « mal ». Elles sont irrespectueuses et peuvent avoir des impacts totalement imprévisibles sur le jeune. Si ce phénomène existe depuis toujours, il est aujourd’hui exacerbé par le web et sa capacité de diffusion virale de l’information.

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